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Le Rwanda a aboli la peine capitale pour tous les
crimes, y compris ceux de génocide, ce qui lève le principal
obstacle au transfèrement à la justice de Kigali d'accusés du
Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).
La loi
organique a été publiée au Journal officiel mercredi soir et est
donc entrée en vigueur, a précisé à l'AFP jeudi le ministre
rwandais de la Justice, Tharcisse Karugarama.
L'abolition
de la peine capitale était l'une des conditions posées par le TPIR
pour transférer devant la justice rwandaise des accusés devant
initialement être jugés par le tribunal international pour leur
participation présumée au génocide.
"L'abolition
de la peine de mort a été faite au Rwanda dans l'intérêt purement
national", a commenté jeudi le ministre rwandais, ajoutant: "S'il
y a des pays qui ont accepté de transférer certains dossiers
génocidaires devant la justice rwandaise, nous saluons cette
coopération".
"Il y a
certains pays avec lesquels nous avions signé des accords
d’extradition des génocidaires rwandais. Nous avons confiance
(dans le fait) qu'ils continueront à collaborer dans cette voie",
a-t-il précisé, sans citer de noms.
"Nous sommes
prêts à coopérer avec les pays du monde entier pour traquer tous
les présumés génocidaires rwandais en fuite, afin qu'ils puissent
être jugés pour les crimes commis au Rwanda", a affirmé le
ministre.
L'Union
européenne a salué cette décision, estimant qu'elle favoriserait
"la réconciliation et la justice" dans ce pays.
Plus de 600
condamnés se trouvent actuellement dans le couloir de la mort au
Rwanda pour leur implication dans le génocide. Ces condamnés
verront donc leur peine commuée en prison à perpétuité.
Depuis le
début des procès des génocidaires présumés, le Rwanda a appliqué
une seule fois la peine capitale lorsque 22 condamnés pour
génocide ont été exécutés en 1998.
Le transfert
d'affaires devant des juridictions nationales est devenu
indispensable en raison des contraintes de calendrier du TPIR. Le
Conseil de sécurité de l'ONU, qui a instauré le tribunal en
novembre 1994, lui a ordonné d'achever les procès en première
instance en 2008.
Le TPIR a
prévu de renvoyer certaines affaires de moindre envergure devant
des juridictions nationales.
Pour la
tenue de procès au Rwanda, le TPIR a toujours demandé des
garanties à Kigali, dont la non-application de la peine de mort.
Pour la
première fois dans l'histoire du TPIR, le procureur en chef Hassan
Bubacar Jallow (Gambie) avait déposé le 11 juin une requête pour
renvoyer devant la justice rwandaise un premier accusé du
tribunal. Les juges du TPIR n'ont pas encore statué.
A propos des
récentes arrestations en France de présumés génocidaires rwandais,
M. Karugarama a rappelé qu'il "n'existait aucun accord
d'extradition" avec la France.
"Mais au cas
où la justice française accepte de coopérer pour faire comparaître
devant la justice ou extrader des présumés génocidaires, ce sera
un geste salutaire", a-t-il relevé.
Le Rwanda et
la France entretiennent des relations extrêmement tendues, Kigali
accusant Paris d'avoir soutenu les génocidaires.
Kigali a rompu ses relations diplomatiques avec
Paris en 200
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