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Commémoration du
génocide : Prise à partie de deux juges occidentaux
Kigali,
le 08 avril 2008.-
Les cérémonies de la 14 ème commémoration du Génocide qui a
emporté en 1994 plus d’un million de Tutsi se sont déroulées hier
lundi dans le district de Bugesera, dans le secteur de Nyamata
Dans
son allocution, le président Paul Kagame a déploré que certaines
personnes issues des pays occidentaux continuent à banaliser le
génocide en mettant en branle des poursuites judiciaires contre
ceux qui ont mis fin à cette tragédie.
« Nous
n'allons jamais accepter d'être taxés de criminels par ces juges
occidentaux », a-t-il affirmé, dénonçant l'attitude de certains
donateurs occidentaux qui ont toujours tendance à imposer leurs
ordres au gouvernement rwandais sous peine de subir des sanctions.
Il a
ensuite.fustigé les juges Jean Louis la Bruguière (France) et
Fernando Andreu Merelles (Espagne) qui ont eu le culot de lancer
des mandats d’arrêt contre des officiels rwandais sur allégations
de crimes de guerre et génocide.
«
J’exhorte les Rwandais à se battre pour leur propre dignité. Nous
n’avons à demander aucune faveur à nos tourmenteurs. Après avoir
préparé et mis en exécution le génocide, les colonisateurs ont
poussé l’arrogance jusqu’à vouloir nous juger pour des soi-disant
violations de droits de l’homme et du droit humanitaire. Comment
peuvent-ils prétendre œuvrer pour la cause des droits de l’homme
alors qu’ils travaillent main dans la main avec les génocidaires,
faisant d’eux leurs témoins ? S’il fallait être conséquent, c’est
nous autres qui devrions les traduire en justice pour les
massacres et les autres violations commises pendant la
colonisation et la traite des noirs», a-il indiqué.
Après
avoir dressé une liste de près de 15 rescapés du génocide tués
depuis le 7 avril 2007 par des interahamwe libérés du fait de leur
adhésion à la procédure d’aveu et de plaidoyer de culpabilité, le
président du Collectif Ibuka, Théodore Simburudali, a quant à lui
indiqué que les rescapés ne peuvent pas continuer de marcher les
yeux baissés, toujours silencieux, l’échine courbée, de peur de
provoquer l’ire des génocidaires qui, pour leur part, marchent la
tête haute.
Au
cours de cette journée,
d’autres manifestations ont eu lieu partout dans le pays, dont une
grande veillée du souvenir au stade national de Remera.
Liprodhor
avril 2008 |