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Déclaration sur la condamnation de Byuma François-Xavier devant
la Juridiction Gacaca de secteur Biryogo
Après la condamnation de Mr Byuma
François-Xavier, par la Juridiction Gacaca du secteur
Biryogo, le 27 mai 2007, à 19 ans de prison ferme, la
LIPRODHOR déplore les contradictions et les irrégularités
qui ont émaillé ce procès.
D’après le jugement, les charges retenues
contre Byuma sont les suivantes : avoir suivi un
entraînement militaire et appris le maniement d’armes à feu
auprès de la C.D.R.(Coalition pour la Défense de la
République), avoir sérieusement frappé Batamuliza, avoir
participer à des attaques en sa qualité d’autorité
administrative au niveau de la cellule, et avoir emporté
Batamuliza avec l’intention évidente de la tuer .
Toutefois, la LIPRODHOR constate que ces
charges ne sont étayées par aucun témoignage ou fait
matériel de nature à lever toute équivoque.
En effet, s’agissant de l’attaque des
miliciens qui a conduit la nommée Batamuliza au bureau de
secteur Biryogo, cette dernière affirme que, après avoir
déclaré qu’elle avait perdu sa carte d’identité, un
interahamwe dont elle ne se souvient pas le nom. l’a
tabassée. A aucun moment, elle n’a affirmé que c’est Byuma
François Xavier qui l’avait frappée.
Batamuliza affirme également que, après
avoir déclaré être la belle-sœur d’Amri Karekezi, Byuma a
pris la décision de l’ emmener au bureau de secteur pour
vérifier si elle disait la vérité ; et après avoir constaté
que le conseiller de secteur était absent du bureau, il lui
aurait téléphoné à son domicile. Cette version est confirmée
par Amri Karekezi, condamnée à mort depuis plus de 9 ans. Et
manifestement, c’est sur base de cette déclaration qu’est
fondée l’intime conviction des juges.
Pour sa part, Byuma affirme que c’est
sollicité par Harouna en personne (où était cachée
Batamuliza ), dont le domicile venait d’être attaqué par
Anatole( un interahamwe de renom), qu’il s’est rendu chez
lui. Après une longue discussion, il a été décidé que
Batamuliza soit amenée chez Amri Karekezi, ce qui fut fait
par Harouna, d’après Byuma. L’accusé nie avoir été au bureau
de secteur pendant le génocide ou y avoir amené Batamuliza.
Paradoxalement, Karekezi affirme avoir
demandé à l’accusé de conduire Batamuliza au bureau de
secteur, alors que, cette dernière affirme que Byuma a
appelé son beau-frère à partir du téléphone du bureau de
secteur.
Dans cet ordre d’idées, les autres
contradictions relevées sont les suivantes :
-
Comment Byuma est-il
entré en possession des clés du bureau de secteur pendant
cette période pour qu’il ait pu ouvrir et téléphoner sans
encombre Amri Karekezi ?
-
Byuma a déclaré
qu’il n’a jamais connu le numéro de télephone du domicile d’Amri
Karekezi et aucun témoin n’a pu prouver le contraire.
-
Batamuliza n’a
jamais prétendu avoir été frappée par Byuma mais le siège a
retenu cette charge contre l’accusé
Du point de vue juridique, la LIPRODHOR
voudrait signaler les irrégularités suivantes :
-
Malgré le conflit
avéré entre lui et BYUMA, suite au rapport de TURENGERE
ABANA, le président de la Juridiction, Mr Imanzi Sudi, a
refusé de se retirer du siège dès le début du procès, le 13
mai 2007. Le même jour, le siège a décidé de placer BYUMA en
détention préventive suite à une accusation de
dissimulation de preuves qui n’a jamais fait l’ objet de
débat devant l’assemblée.
-
Parmi les charges
retenues contre l’accusé, figure celle d’avoir suivi un
entraînement militaire et d’avoir appris le maniement
d’armes à feu alors que ces actes ne sont pas constitutifs
du crime de génocide
-
Aucun élément
matériel ou moral n’a été produit par Batamuliza pour fonder
l’intime conviction des juges quant à l’intention de tuer
qu’aurait eu l’accusé. Au contraire, Mr Byuma a pris une
décision salutaire en soustrayant Batamuliza des griffes des
interahamwe conduits par Anatole qui voulait la violenter.
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Les témoignages
fournis par Karekezi Amri ont servi de base pour condamner
Mr Byuma alors que cet ancien conseiller de secteur,
condamné à mort pour crime de génocide, a été déchu de ses
droits civiques, dont notamment celui de témoigner devant
les tribunaux.
Au vu de toutes ces considérations :
La LIPRODHOR
recommande que le procès en appel de BYUMA François Xavier
soit jugé dans les meilleurs délais et que l’accusé
bénéficie d’un procès juste et équitable.
Pendant le procès
en appel, le siège devrait approfondir l’enquête sur le
véritable rôle de Byuma dans les faits allégués par
Batamuliza
Le Service National
des Juridictions Gacaca devrait suivre de près le
fonctionnement de la Juridiction Gacaca de Biryogo qui a été
souvent mise en cause pour ses irrégularités.
Fait à Kigali, le 30 mai 2007
Le Président de la LIPRODHOR
Gahutu Augustin
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