Formations politiques : Des chercheurs déplorent
leur fonctionnement au ralenti
(Kigali, le 24 août 2007)-Au
cours d’une réunion de présentation des résultats d’une étude sur
le financement des partis politiques, hier à Kigali, le
coordinateur de l’Institut de Recherche et de Dialogue pour la
Paix ( I.R.D.P) a rappelé aux leaders des formations politiques
et aux représentants de la société civile que, au Rwanda, excepté
le F.P.R (Front Patriotique Rwandais) qui dispose d’une structure
organisationnelle soutenue par des infrastructures adéquates, les
autres partis politiques fonctionnent au ralenti et ne disposent
ni de bureaux convenables, ni de matériel pour soutenir leurs
activités. Et dans un tel contexte, le multipartisme aura
difficile à prendre racine.
« Depuis les dernières élections de 2003, seuls
les partis politiques FPR, PSD et PL ayant franchi la barre des 5
% des voix ont chacun reçu de l’Etat une somme de 80 millions de
Francs Rwandais en guise de remboursement des dépenses effectuées
lors de la campagne électorale. Un examen de la loi des finances
montre par ailleurs que le forum de concertation politique dispose
d’un budget annuel de 40 millions de Francs Rwandais destiné à
l’appui des partis politiques reconnus. Deux interrogations
subsistent à ce sujet : d’une part le mécanisme d’appui aux partis
à travers le forum et, d’autre part, le montant insignifiant
alloué à cette rubrique. Est-ce un réel effort de financer la
démocratie ou est-ce juste une bonne façon de se faire bonne
conscience pour montrer qu’on se conforme à la loi ?», a relevé le
Professeur Rwanyindo Ruzirabwoba sur les antennes de Radio-Rwanda.
« Si l’allocation se fait à travers le forum
‘pour des programmes communs’, les partis peuvent-ils
entreprendre des actions indépendantes ? Pouvons nous dans ce cas
parler de multipartisme réel ? Un tel système ne risque-t-il pas
d’avoir l’effet inverse à celui escompté en étouffant
progressivement les bases d’une démocratie durable ? »,
a-t-il ajouté.
En guise de conclusion, l`étude rappelle que la
démocratie implique un coût très élevé et que, pour ce faire, une
législation transparente devrait être mise en place.
« Dans le processus de consolidation de la
démocratie au Rwanda, une législation adéquate aurait l’avantage
de donner à tous les partis les mêmes moyens de combat politique
pour la conquête du pouvoir et les mêmes chances de réussite.
Autant elle vise à assurer une plus grande indépendance des partis
politiques, autant elle doit permettre à l’électeur de se
prononcer en faveur de l’un ou de l’autre parti politique en
fonction de leur valeur respective et de leur projet de société,
et non en raison de leur puissance financière ou du caractère plus
ou moins tapageur de la publicité qui leur est faite. Afin de ne
pas exclure les candidats indépendants parmi les bénéficiaires du
financement public, il est impératif que la loi finance
équitablement tous les partis politiques enregistrés et tous les
candidats indépendants », notent les chercheurs. |